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La galerie d'art
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LE PRINCE Jean-Baptiste

La Caravane extrême-orientale

Plume, encre noire, lavis de brun et pierre noire.
Encadrée : 45,7 x 35,7 cm / A vue : 31 x 20,5 cm
Attribué à Le Prince, ou école XVIIIe proche entourage de Jean-Baptiste Le Prince
Annoté « Leprince » en bas à droite au crayon sur la feuille de montage d’un format de 23 cm x 34,5 cm. Format du dessin seul : 17,5 x 26 cm.
1 400 €

Descriptif

Ancien élève de Boucher dont ce messin retint la galante légèreté ; peintre de cour glorieux qui sut rendre autant que son maître l’aimable tournure de son époque, Jean-Baptiste Le Prince (1734 - 1781) séjourna en Russie, à Saint Pétersbourg où il obtint plusieurs commandes pour le Palais d’hiver et les appartements privés de Catherine II de Russie.

De ce séjour où Le Prince rencontra des sujets venant des confins extrême-orientaux de la Russie jusqu’en Sibérie, moghols et talmuks, furent issues des feuilles russes remarquables, des études orientalistes saisissantes.

Peintre de génie maîtrisant autant la pastorale que le portrait et la peinture de paysages, sa virtuosité mais aussi sa psychologie éclatent dans ses dessins. Le Prince – qui signait « Leprince » - excelle en effet à restituer les motivations les plus absconses de ses personnages, les plus indivises. 

Théâtre à la pierre noire, ce dessin que nous présentons est en cela très représentatif. 

Oeuvre composite fusionnant les codes génériques des scènes galantes et du paysagisme exotique, des personnages tenant à la fois de l’Orient par leur parure, et de l’Europe par leurs linéaments, nous assistons à l’arrivée à dos d’éléphant d’un couple royal, dans une pose alanguie, accueilli dans un mélange de ferveur et de servilité. 

Dessin complexe superposant un grand nombre de scènes et de personnages construits à la plume ou esquissés, d’observations comme de réinterprétations, le regard converge autant vers ce couple « libertin » si français, que vers le premier sujet de la caravane, un imposant éléphant richement paré à l’air féroce, accompagné d’un chien que n’aurait pas désavoué Boucher (de même que le couple galamment royal), sous le regard d’une cohorte de spectateurs aux attentions diverses, de l’annonceur (« à la jambe faite au tour ») aux gonfaloniers à l’arrière plan jusqu’aux serviteurs et courtisans au premier plan.

Le motif exotique hétérogène qu’explicitent les palmiers, fruits, éléphant aux pieds griffus léonins, renforce le sentiment que Le Prince a voulu transposer une scène de cour universelle, vraisemblable autant en Russie - où le peintre séjourna -, Levant ou Afrique arabique (palmiers), Asie et Extrême Orient (à travers les chapeaux coniques chinois et l’éléphant) qu’à la cour du Roi de France mais dont l’exotisme atténue la satire, renforçant la légèreté de la manière ; rendant agréable dans son topos lointain une critique si proche des sujets de Louis XV.

Cette très belle feuille attribuable à Le Prince est signée sur le montage. Dessin contrecollé sur une feuille de montage. Comporte quelques piqûres et rousseurs.

Une réflexion unique dans sa manière comme son propos sur l’exercice de la satire par le prisme de l’exotisme.

Le soulèvement d’un danger étrangement désirable.

Encadrement moderne.