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Félix ZIEM (1821 – 1911)

Cypren doré

Huile sur carton numérotée 487 en bas à gauche dans le timbre de l’atelier Ziem, ainsi qu’à 3 reprises au dos
Encadrée : 35 x 28 cm - A vue : 24,5 cm x 17,2 cm
Numérotée 487 en bas à gauche dans le timbre de l’atelier Ziem, ainsi qu’à 3 reprises au dos - numérotée deux fois au dos avec la marque du timbre d’atelier et présence d’une troisième numérotation manuscrite accompagnée de la mention "salle à manger"
Certificat d'authenticité de l'Association Ziem - Cadre ancien en bois doré avec quelques usures mais bel ensemble
3 500 €

Descriptif

Tableau vendu avec le certificat d'authenticité de l'Association Félix Ziem.

Précurseur de l’impressionnisme d’obédience orientaliste particulièrement célèbre et recherché pour ses vues de Venise et du Bosphore.

Un siècle après sa mort, Félix Ziem continue à fasciner et faire croître les enchères aussi sûrement que les poissons à l’aube du Christianisme au point que pour certains, posséder « un Ziem », c’est acquérir le fragment d’une « success story » ; ce qui aboutit à la déconsidération inverse, marginale mais existante, d’une partie du public désireuse d’assigner l’artiste à une suite de cartes postales au prétexte qu’il aurait, soumis à une forte demande, beaucoup produit.

La présente étude est l’opportunité de retoquer quelques clichés. Ziem, avant de peindre l’Ailleurs sous des atours exotiques définitivement attrayants, est le fruit d’un métissage ; fils d’un immigré polonais d’origine arménienne et d’une bourguignonne. Et en cela, il personnifie une première forme d’exotisme qui n’est pas encore délibérée et façonnée par une recherche picturale propre.

En d’autres mots, il avait l’Ailleurs dans le sang.

Et sa vie au fond partagea le rougeoiement romanesque des ses crépuscules flamboyants.

Il naquit à Beaune, fut d’abord architecte avant de changer de vocation sur le conseil du Duc d’Orléans qui estimait ses dessins ; parcourut l’Europe et l’Orient, séjournait deux fois par an à Venise (qu’il découvrit dès 1842) et mena une longue et glorieuse carrière picturale avant de s’éteindre à Paris à l’âge de 90 ans. Il n’est ainsi pas l’artiste orientaliste immobile que d’aucuns ont voulu dépeindre.

Sa peinture se nourrit essentiellement de deux influences, celles du Lorrain et de Turner.

Mais Ziem est un artiste indépendant picturalement.

En dépit de ses amitiés avec les peintres de Barbizon, Théodore Rousseau et Jean-François Millet, et bien qu’inspiré par le site-même de la forêt de Barbizon, sa peinture ne se confond pas avec ce mouvement.

Ziem devint fameux pour ses « veduta » (essentiellement des marines) orientalistes représentant Venise et le Bosphore (Constantinople), et cependant ne se laisse pas réduire à ses motifs de prédilection ni au mouvement qu’il incarne le plus, l’Orientalisme. 

Il posséda un atelier à Martigues, ville où se tient aujourd’hui le musée Ziem, et achèvera sa carrière sur la butte Montmartre où il fut le premier à posséder deux vastes ateliers bien avant Picasso et la vogue que connut la butte sous l’Ecole de Paris. 

Glorifié de son vivant – son œuvre intégra les collections du Louvre également de son vivant – acquérir un tableau de Ziem fut rapidement considéré comme un symbole de réussite sociale.

La cote de ce pré-impressioniste demeure aujourd’hui très soutenue.

L’une des raisons de la pérennité de son succès : peut-être le fait que Ziem sut faire fructifier l’héritage des ciels au couchant de Lorrain et leur rémanence dans la touche « floue » de Turner en le transposant dans un décorum largement oriental, de Venise à Constantinople, du Caire à Damas.

Et ce n’est pas sans raison que son œuvre et sa manière-même enthousiasmèrent Van Gogh.
Sa touche reconnaissable entre toutes, lumineuse et floutée, large, grasse, sensuelle, d’où le soleil irradie et se miroite bien souvent dans un fleuve, a pris parfois des contours plus nationaux ou faussement académiques : vues de Martigues, de Barbizon, et natures mortes incroyablement vivantes et personnelles.

C’est le cas ici de cette étude à l’huile très aboutie représentant un cyprin doré sur un fond aqueux bleu lagune mâtiné de mers virides - la palette de Ziem pour le seul traité du fond paysager oscille du bleu au vert, et du sable au jaune lumière. Un traité impressionniste radical, faisant d’un simple fond un paysage de lagune épuré mais complexe dans toute sa densité chromatique.

Le sujet sensible de cette étude – et non objet - n’apparaît donc pas sur un étal, dans une assiette près d’un citron coupé en deux comme on se le figure très élégamment dressé sous le pinceau d’un Chardin, ou tout autre composition suggérant son état mort et réifié d’aliment comestible. 

Le poisson, peint dans des tonalités chaudes, du rouge ferrugineux au jaune solaire, l’œil vif, le corps légèrement ascendant, les nageoires en mouvement, apparaît au contraire parfaitement vivant ; Ziem se déprend ainsi des codes picturaux de la nature morte pour rejoindre l’étude animalière, généralement réservée aux animaux domestiques ou fauves. 

Artiste fécond que l’on a parfois enfermé dans ses topiques de prédilection (Venise, le Bosphore), Ziem nous prouve une fois de plus à travers cette étude combien il savait bousculer et renverser les carcans, dotant d’une belle vitalité picturale un animal suscitant a priori une faible empathie, et ce faisant, voué à l’étude morte au même titre que le lièvre livré à l’art cynégétique ; s’essayant même au détour de cette étude surprenante de modernité à une plus grande abstraction en faisant du fond un véritable paysage de lagune épuré.

Non signée mais expertisée de la main de Ziem et certifiée par l'Association Félix Ziem (le certificat sera fourni à l'acquéreur) portant trois mentions du timbre sec de son atelier et numérotée 487 une fois au recto, ainsi qu’à trois reprises au dos de l’œuvre – dont l’une manuscrite.

Peintre toujours très apprécié, sa dernière exposition monographique à Paris eut lieu en 2013 : « Félix Ziem, j’ai rêvé le beau, peintures et aquarelles au Petit Palais » qui mit en scène quelques somptueuses aquarelles et études en sus de paysages plus attendus, fut une fois encore couronnée de succès.