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La galerie d'art
Détail  

Eugène Verboeckhoven (1798 - 1881)

Taureau, vache et chevreau dans un paysage romantique près d'un ruisseau

Huile sur panneau de chêne signée en bas à gauche de la main l'artiste et datée 1823
67 cm x 56 cm (encadrée) - 43 x 33,5 cm (à vue)
Somptueux cadre d'époque en bois et stuc doré à décor de mascarons
VENDU

Descriptif

Artiste belge réputé dont l’oeuvre bénéficie toujours d’un intérêt très soutenu, Eugène Verboeckhoven dirigea les musées de Bruxelles dans la Belgique de 1830 et s’imposa comme l’un des plus brillants peintres animaliers de son temps. 

Ce tableau illustre magistralement toutes ses qualités picturales mais également dramaturgiques. 

D’une composition à l’ordonnancement parfait, tout à la fois typique, – peinture animalière dans un paysage –, originale (présence d’un chevreau, animal d’une plus faible occurrence et itération des motifs romantiques), ce tableau d’un format important sans être monumental met en scène littéralement, tant Verboeckhoven apparaît comme un metteur en scène disposant de tout être et de toute chose, un groupe animalier composé d’un élégant taureau au centre, d’une vache et d’un chevreau au repos près d’une palissade au sein d’un paysage de pâturage à l’atmosphère singulière.

La subtilité de la palette de Verboeckhoeven qui ne dénature aucun coloris mais surtout la finesse de sa touche qui brille à restituer chaque détail : qu’il s’agisse de la texture duveteuse du pelage, de la définition de sa robe, des brindilles au sol (c’est du reste là qu’il choisit de dissimuler sa signature) ou de la corde dont chaque filament se discerne ; de la mousse qui tapisse mélancoliquement le squelette d’un arbre s’élançant encore vers le ciel ; des roseaux qui se miroitent dans le ruisseau dont la pureté des eaux transparentes est rendue tangible sous son pinceau ; l’ensemble composé avec une science de la perspective vertigineuse, le village se devinant parfaitement au loin, personnages et animaux se discernant même à la loupe. 

Rarement le spectateur aura été à ce point immergé au cœur de la nature animale, sans présence humaine (autre que métonymique, les attaches au cou des bêtes les relient à leur domesticité), dans un théâtre de pâture vivifiant, où chaque détail se discerne mieux que de visu, et dont l’horizon particulièrement ouvert autorise une lecture allégorique. 

Souches et bois mort à l’entropie moussue remplacent les ruines de la peinture classique et néoclassique et la réflexion sur le désordre et la déchéance des grandes civilisations. 

Les flamands, territorialement proches des hollandais bien que catholiques, ont su parfois à leur exemple renoncer à la grandiloquence flamboyante des parures et des êtres pour l’humilité de sujets resserrés au plus près de la Nature.

Et ainsi de juger de l’opéra des gloires humaines auquel est préféré un théâtre animal et végétal harmonieux sans artifice, substituant au concert des vanités l’ode à la nature, déjouant les ruses du pouvoir par la scansion picturale d’une invitation au labeur qui grandit l’âme.

Mais l’humilité peut être grandiose. Et le taureau ne se dresse pas avec moins de noblesse qu’un héros de l’histoire européenne ou mythologique.

La perspective tout à la fois profonde et basse trahit le souvenir des guerres de l’Empire et l’espoir d’un avenir délivré de la guerre. Cette œuvre fut peinte en 1823, soit huit ans après la chute de cet Empereur qui inquiéta toute l’Europe.

Peintre maîtrisant la dramaturgie de la composition, Verboeckhoven, alors âgé de seulement 25 ans, excelle déjà dans la mise en lumière de scènes animalières où domine une clarté toutefois contrastée, enténébrée par touches, sans qu’il s’agisse de clair-obscur.

Ainsi, le ciel d’orage à la percée ciselée parachève le romantisme qui émane de ce tableau de maître incroyablement attachant et dense, où le réalisme pourtant éblouissant de virtuosité n‘est jamais froid, le lyrisme jamais mièvre. 

Il s’agit sans conteste de l’une de ses plus brillantes compositions picturales.

Ce tableau, rehaussé d’un somptueux cadre ancien à décor vénitien, est signé de la main d’Eugène Verboeckhoven en bas à gauche dans l’une des brindilles et daté de 1823.