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ALFRED VERNET (1819 - 1879)

Portrait d'un homme élégant arborant barbe et moustache, signée et datée, 1851

Miniature sur ivoire
A Vue : 7,5 x 6,2 cm - Encadrée : 15,4 x 17,4 cm
Signature et date en lettres d'or A. VERNET MDCCCLI
Cadre en bois noirci, visière en laiton - éclat au verre dans la partie inférieure et latérale gauche sans incidence
1 150 €

Descriptif

Rare miniature de la main de l'artiste Alfred Vernet, miniaturiste, dramaturge et comédien à l'instar de son père, Jules Vernet.
 
Bien que remarquablement talentueux et précis, ce peintre en miniature connut une notoriété plus grande en tant que comédien, le genre de la miniature déclinant alors au profit de la photographie. 
Alfred Vernet dut d'ailleurs prosaïquement renoncer au genre de la miniature dans lequel il excellait pour investir le médium artistique en vogue de la photographie.
 
Cette miniature, réalisée en 1851, constitue donc l'un des derniers portraits réalistes aussi aboutis dans ce format resserré exigeant, catégorie picturale à part entière.
D'une admirable finesse, elle représente un homme du temps arborant barbe et moustache, vêtu élégamment d'une chemise blanche, cravate lie-de-vin et veste noire. 
Particularité de la pose, son regard vert, fixe intensément un point vers la gauche à l'oblique du peintre comme du spectateur.
 
Clin d'oeil d'un confrère glorieux à un autre confrère, une photographie d'Alfred Vernet par Nadar est conservée par le Musée d'Orsay. Moins fameux, Alfred Vernet suscita pourtant l'admiration de plusieurs artistes dont l'écrivain Théodore de Banville qui considère les miniatures de sa main comme de "véritables chefs-d'oeuvre" :

"Alfred Vernet, dont le succès imprévu et prodigieux s'éleva à la hauteur d'un événement parisien.
Un comédien ? Non, quelque chose de moins et quelque chose de plus. Peintre déjà, Vernet poussa aussi loin que possible l'art d'inventer et de jouer des scène d'atelier, de représenter des types avec une verve de caricaturiste, et de grimer…
Alors âgé de dix-huit ans, Alfred dans son atelier et à la ville comme au théâtre, pouvait être à son gré un jeune élégant, un riche anglais…
Alfred Vernet pouvait, tant qu'il le voulait renouveler ce prodige ; il avaient le corps, l'allure, le visage, le regard, le son de voix qu'il lui plaisait d'avoir, et s'il eût été policier au lieu d'être acteur et peintre, il eut joué sous jambe Corentin et Peyrade.
 
Il avait reçu tout cela en héritage, et non pas seulement de son oncle. Son peintre Jules Vernet, peintre de portraits d'un réel mérite, était un ami de Henri Monnier…
Alfred Vernet, entre ce père et cet oncle, avait appris à se grimer et aussi à tenir un pinceau, à l'âge où d'ordinaire un enfant ne connaît que le sucre d'orge et les billes ; ...
Les comédiennes et les plus jolies femmes,attirées par cette vogue, voulurent toutes se faire peindre par Alfred Vernet, qui, par la force des choses et sans l'avoir voulu, retourna à son atelier et quitta les planches de la petite scène. Il se lia alors avec des artistes, avec de poètes, composa entre temps de la musique, chanta ses jolies chansons, et mena l'heureuse vie d'un peintre qui gagne de l'argent en faisant ce qui l'amuse.

Mais, élève de son père et peintre de portraits comme lui, il craignit de le recommencer trop exactement, et se consacra tout entier à la miniature ; il fit même, en ce genre aboli et charmant, de véritables chefs-d'oeuvre. Comme on le sait, un moment arriva où l'art délicat de la miniature fut supprimé et tué par la photographie. Vernet, qui alors s'était marié et avait des enfants à nourrir, n'eut pas le choix et dut se faire photographe. Non certes sans regret ; mais de quel droit aurait-il voulu se soustraire à cette conscription, devenue aussi impérieuse que celle du service militaire, et se distinguer audacieusement de la majorité des,français ? On ne sait guère plus qu'Alfred Vernet a été peintre ; tout le monde ignore qu'il a a fait fanatisme au Café-Spectacle ;…" Alfred Vernet par Théodore de Banville, extrait de "Mes souvenirs : Victor Hugo, Henri Heine, Théophile Gautier, Honoré de Balzac…"