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La galerie d'art
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Attribué à Abraham Rademaker (1675 Lisse – 1735 Haarlem)

Patinage sur un lac gelé, scène de vie typique de l’âge d’or hollandais dans un paysage hivernal

Gouache
A vue : 16,8 cm x 11,5 cm - Encadrée : 42 x 36cm
Au dos du carton de montage de la marie-louise figure une attribution au dessinateur hollandais de talent Abraham Rademaker (par René Millet expertise)
Magnifique encadrement, marie-louise et cadre en bois noirci et flammé (aux reflets acajou) en bois stuqué
-21%
6 000 € 4 740 €

Descriptif

Paysage hivernal représentant des patineurs, enrichi de promeneurs. Une scène de vie emblématique de l’âge d’or hollandais (XVIIes), ici magistralement traitée par un peintre hollandais proche du corpus du maître Hendrick Avercamp (1585 – 1634) qui s’est particulièrement illustré dans les paysages d’hiver dont de nombreuses représentations de ce divertissement, le patinage, si prisé alors.
 
Et Abraham Rademaker a indéniablement été marqué par l’influence d’Hendrick Avercamp dans sa représentation de paysages hivernaux.
 
Outre l’expertise de René Millet attribuant notre gouache à Abraham Rademaker, un peintre et dessinateur né dans la deuxième partie du XVIIe siècle (également imprimeur et marchand d’estampes) et dont les gouaches, notamment, d’une grande finesse, sont recherchées, une œuvre du Met rappelle notre gouache.
 
Car si Rademaker a davantage réalisé des œuvres à caractère urbain et topographique, le Met Museum possède dans ses collections une gouache en rapport avec notre oeuvre : " Snow Falling on a Dutch Town ». 
 
Et nous connaissons au moins une autre occurrence de scène de patinage dans son œuvre appartenant à une collection privée, ainsi qu’un paysage d’hiver.
 
A noter que Rademaker s’éloignerait ici de son corpus usuel pour se rapprocher de celui d’un maître du genre, Hendrick Avercamp.
 
Les précurseurs de ces scènes recherchées remontent au XVIe siècle à travers Pieter Brueghel l’ancien et le jeune, Abel Grimmer, Lucas Van Valckenborch, Gillis Mostaert et Sébastien Vranck.
 
Hendrick Avercamp, qui aurait eu pour maître Vinckboons, se spécialise dans ces scènes dominées par la neige, parfaite page blanche pour un coloriste, devenant un jalon entre les maîtres flamands aux représentations encore naïves et l’école pleinement réaliste d’Esaias Van de Velde et Jan Van Goyen.
 
Des premiers, Avercamp conserve le lyrisme, retient la poésie dans un cadre voulue plus précis, plus conforme à la réalité observée ; un lyrisme tant d’un point de vue formel notamment dans le traitement du coloris chamarré de tons chatoyants que d’un point de vue narratif et sémiologique (personnages parfois uniquement esquissés, s’attachant à rendre une atmosphère).
 
Des derniers il annonce l’aspect non seulement documentaire mais vraisemblable (nombre des personnages traités comme autant d’attitudes et de comportements observés in situ, lumière fidèlement recomposée, richesse des éléments iconographiques extérieurs, perspective gagnant en profondeur bien que conservant encore une forme d’aplat).
 
Notre gouache partage plusieurs points communs à Hendrick Avercamp ; outre la sublime finesse de l’exécution très enlevée et la pluralité de détails contenus dans ce format resserré (voilier à quai, postures différentes des patineurs), nous relèverons l’importance accordée au ciel au sein de la composition, une ouverture haute et large sur l’horizon - tout juste bordé à gauche d’une montagne enneigée probablement allégorique dans « le plat pays » - l’attention portée à la représentation à la fois réaliste et ornementale, élégante des arbres décharnés et jusqu’à la figuration d’un habitat rustique (petite grange).
 
La perspective s’organise autour d’une fine ligne de fuite qui donne de la profondeur à la scène et de l’amplitude au lac gelé ; une profondeur de champ animée même au loin qui suggère que nous sommes en présence d’un divertissement collectif dans un lieu de rassemblement populaire.
 
La grande diversité des personnages campés dans des attitudes différentes contribue à faire de ce paysage hivernal de grande qualité une scène réaliste particulièrement vivante, un document sur les us des Pays-Bas au XVIIe. Mais aussi un hymne à la nature.
 
Dans cet univers hivernal où domine la neige et son épais manteau monochrome, le peintre a su rehausser la magie poudreuse de l’hiver en exerçant ses talents de coloriste par touches subtiles à travers les vêtures bleues, rouges et bistres de ses personnages, et surtout dans les teintes d’un soleil couchant.
 
Un sujet pictural à la fois typique de cette époque, et très recherché des collectionneurs ; ici traité avec sensibilité et maestria par un peintre hollandais du XVIIes, tel que Abraham Rademaker, s'inspirant du grand Hendrick Avercamp, artiste à la cote très élevée, également fin dessinateur et grand aquarelliste. 

La présence, au dos du montage, d’une attribution par l’expert René Millet  au peintre, dessinateur et marchand hollandais Abraham Rademaker (1675 – 1735) conforte cette attribution à Rademaker.