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La galerie d'art > Art ancien & Antiquités en vente > Peintures, tableaux du XVIe au XIXes
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François ROFFIAEN (1820 – 1898)

Paysage de montagne en Suisse, vue présumée d’un glacier en Oberland

Huile sur panneau, signée par l’artiste et datée 1852, cachet de cire au dos du panneau
Dimensions à vue : 32 cm x 47 cm - Avec le cadre : 67 cm x 53 cm
Bel encadrement
PRIX SUR DEMANDE

Descriptif

Hommage vibrant à la montagne. Les Alpes, la Suisse, bien sûr.

Un extrait pictural de cette mythologie alpestre immortalisée par Roffiaen, célèbre peintre de montagne.

Il pourrait s’agir du glacier du Blümisalp tandis que la vallée n’est pas sans évoquer la vallée d’Oberhasli proche la vallée de l’Aar où nous savons que François Roffiaen – son prénom de Jean-François Xavier étant souvent abrégé à François - a peint plusieurs tableaux ; notamment celui, spectaculaire, mettant au centre la force du torrent, conservé au Musée Royaux des Beaux-arts de Belgique qui possède plusieurs œuvres de l’artiste ; Roffiaen a peint par ailleurs plusieurs vues dans l’Oberland.

Peintre belge coté spécialisé dans les paysages de montagne.

Elève brillant d’Alexandre Calame, il a lui-même marqué de son empreinte ce genre pictural.

Académique répertorié parmi les peintres romantiques, la facture de ses tableaux, particulièrement ceux de ses monumentaux grands formats, est hyper-réaliste, photographique même, au fini éblouissant de finesse. Au point que certains critiques leur préfèrent des « études » de format resserré à la touche plus sensible et moins lisse.

Formé à l’Académie de Bruxelles (1839-42), Roffiaen signe très vite d’excellents paysages alpins et participe déjà aux plus grands Salons internationaux avant de rejoindre en 1846 l’atelier d’Alexandre Calame, auprès duquel il restera 6 mois, peintre paysagiste suisse réputé, qu’il admire.

Dès lors, il multiplie les voyages en Suisse, Autriche, Haute-Bavière, Haute-Savoie et même Ecosse.

A la date de ce tableau, il est déjà à l’apogée de sa gloire, son œuvre rencontre un très grand succès commercial – particulièrement dans les années 1850-60 -  et l’aristocratie européenne mais aussi mondiale (Shah de Perse) lui passe commande.

 Il rencontrera un succès particulièrement important en Belgique (la maison Royale de Belgique lui passe commande), en Grande Bretagne ainsi qu’aux Etats-Unis.

La reine Victoria commandite son séjour en Ecosse mais le projet sera annulé par la mort du Prince Albert.

En 1869, il est fait chevalier de l’ordre de Léopold.

Célébré de son vivant, il est aujourd’hui redécouvert. Un destin et touche picturale d’exception qui ne sont pas sans évoquer Rosa Bonheur.

Ici, dans ce bon format qui s’extrait toutefois du monumental, Roffiaen a sujet jouer de ses prodigieuses qualités picturales, dans une œuvre à la fois précise, regorgeant de détails réalistes, mais d’une sensibilité exceptionnelle ; la touche chatoyante tout en restant fine, attentive à la course du soleil, aux dépressions qui se créent au-dessus du glacier, dans une palette de verts irradiants, des chèvres broutant l’herbe d’une vallée grasse percée d’épicéas, un ruisseau courant à la gauche de l’œuvre ; Le ciel pommelé de nuages jusque dans le creux de la vallée à l’orée du glacier semble se confondre à la forme à la fois massive, ronde et crénelée du glacier du Blümisalp (par le versant de Thoune).

La vallée elle-même avec son sursaut « dolomitique » à la gauche du coin supérieur de l’œuvre, n’est pas sans rappeler la vallée de l’Oberhasli.

L’œuvre est largement situable dans l’Oberland familier à l’artiste.

Dans ce théâtre d’ombres ourdies de nuages mais surtout dans cet opéra de lumière, Roffiaen nous montre le visage aimable de la montagne, celle, verdoyante, rassérénante où paissent les bêtes ; une montagne sauvage mais accueillante, qui récompense et nourrit l’homme valeureux, humble, avant de partir à l’assaut des sommets comme ceux de la chaîne glaciaire du Blümisalp (assez secret bien que visible depuis la ville touristique de Thoune) ; rappelons que le Blümisalp et ses sommets du Blüemlisalphorn, Morgenhorn, Wyssi Frau, jouxte les monstres de l’alpinisme fascinants et tragiques que constituent l’Eiger, Monch et Jungfrau.

Ce n’est plus Whymper, c’est déjà Giono.

Plus qu’un paysage alpin idyllique, c’est un paysage moral, philosophique ; véhiculant une haute idée de la Nature bien avant que le changement climatique ne menace la topographie glaciaire.

Alors que bientôt, seule l’iconographie artistique attestera peut-être de cette prodigieuse mémoire des glaces, de la beauté des glaciers à la magie des icebergs.

Une œuvre, qui, dans un format somme toute contenu pour cet artiste, réussit le miracle d’équilibre d’apparaître à la fois grandiose et intime.