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The art gallery
Détail  

AGUSTIN Y GRANDE Francisco (1753–1800)

The Veil of Saint Veronica - Spanish School of 17th-18th century

Oil on canvas
Oil : 52 x 38 cm - Framed : 68 x 54 cm
Artist name on the cartouche / Near of Francisco Zurbaran or Juan de Valdés Leal
Sold

Descriptif

Ecole espagnole de la fin du XVIIe-début XVIIIe, attribuée à Francisco Agustin y Grande, nom francisé en « Augustin » dans le cartouche, avec cette périphrase, « élève de Mengs ». 
Francisco Agustin y Grande fut l’élève du peintre allemand Anton Raphael Mengs. 

Œuvre répondant aux codes de l’art sacré elle résume l’expressivité très noire, volontiers doloriste, languide, sanglante et contrastée des écoles espagnoles qui aiment à cultiver l’intranquillité. 
Le Christ y apparaît aussi blafard que le voile sur lequel son visage se surimpose. 
Sa présence n’est pas sublimée, ses souffrances en aucun cas minorées. Le sang de la crucifixion macule son visage, abîme son regard. Las, ou voyant la vie s’enfuir, le Christ apparaît de chair. Humain, terriblement humain. La présence et vérité que lui octroient par son art, le peintre espagnol, sont pourtant inhumaines à force d'intensité. 

La mise en scène est quant à elle sobre. 

Le voile de Véronique* - motif artistique autant que théologique - se détache sur un fond uniformément noir. Les clous tenant le voile immaculé rappellent ceux de la Crucifixion. Le personnage de Véronique, plus généralement représenté (par Memling et Pontormo notamment) tenant le voile, y est cette fois absent. Ce parti pris économe, et in fine, plus théâtral, n’est pas sans rappeler « La Sainte Face » de Francisco de Zurbaran (Fuente de Cantos, 1598 - Madrid 1664), appartenant aux collections du Nationalmuseum de Stockholm.  Attribuée à Agustin y Grande (consulter sa biographie), une attribution antérieure (Haute-époque) au cercle de Zurbaran - dans la représentation du voile - ou à Juan de Valdés Leal  - dans sa barocité sombre et spectaculaire - est envisageable.

*Le sujet : De Hans Memling en passant par Pontormo, Domenico Fetti ou encore Francisco de Zurbaran, l’histoire incertaine de ce topos religieux, (à moins que mythe), qu’est le Voile de Véronique, a inspiré les peintres parmi les plus éminents de l’art sacré.  

Un épisode, en somme, dont la véracité est au fond plus artistique que théologique tant elle inspira les peintres et maîtres de l’art ancien. Les preuves historiques relatives au voile remonteraient au VIII° siècle, au cours duquel le pape Jean VII le plaça dans un oratoire qu'il fit construire au Vatican. Exposé au XII° siècle au Latran, le voile fut transféré au début du XVII° à la Basilique Saint Pierre de Rome, où il fut l'objet d'une dernière ostension en 1854. Ce voile n'a fait l'objet d'aucune étude scientifique, mais les copies conservées à Rome et à Gênes évoquent l'image du Saint Suaire.

Si aucun récit évangélique (Nouveau Testament) ne fait allusion à cet épisode de la passion du Christ, on en retrouve trace dans le récit apocryphe Mors Pilati, La mort de Pilate ; il s’agit de la source la plus ancienne « avalisant » la preuve de l’existence d’authentiques images du Christ. Il pourrait s’agir d’une légende, à rapprocher de l'histoire du Mandylion. 

Histoire édifiante d’un point de vue religieux, et pleine de potentialités narratives stimulant la veine « fantastique » pour les peintres de l’art sacré. 

Des traditions anciennes citent une Bérénice puis Véronique, devenue une femme pieuse native de Jérusalem qui se serait illustrée par sa compassion. Après avoir tendu au Christ un voile au cours de sa montée au Golgotha afin qu’il pût s’essuyer, il le lui rendit avec l'image de sa Sainte Face miraculeusement imprimée dans le voile ; une preuve tangible des valeurs de la compassion. Si le prénom macédonien, Bérénice, signifiait « qui porte la victoire », il s’est ensuite latinisé en Véronique pour être attribué à une femme anonyme guérie miraculeusement par les Evangiles synoptiques. 

L’étymologie du prénom de Véronique, pour mieux coïncider avec cet épisode légendaire, sera par la suite réinterprétée et décomposée en la réunion d’un mot latin et d’un mot grec "vera icon", signifiant "véritable image". Vera icon qui désignait originellement la plus ancienne image connue du Christ s’est ainsi rapidement graphié Veronica. 

Et le personnage Sainte Véronique est ainsi devenu le véhicule de cette croyance avec toute l’efficacité que le procédé rhétorique et iconographique de la personnification permet. Chaque pays possède une déclinaison de cette croyance ; une légende, une relique, et bien sûr une iconographie artistique en lien. 

A l’exclusion de quelques sauts de peinture mineurs dans le voile et dans la chevelure, l’huile sur toile est en très bon état tenant parfaitement à son châssis ancien.

Elle est présentée dans un beau cadre en bois laqué noir à bordures dorées dans le goût hollandais postérieur à l'oeuvre.

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Biographie

Francisco Agustín y Grande (1753–1800), peintre espagnol né à Barcelone s’inscrivant dans le courant néoclassique.
Il étudia à Rome où il fut l’élève d’Anton Raphael Mengs.
Il s’installa ensuite à Cordoue dont il dirigea l’Ecole des Beaux-Arts.

En 1799, il devint membre de la Royal Académie San Fernando à Madrid. Etroitement associé au patrimoine pictural religieux de Cordoue, l'on retrouve son œuvre dans de nombreuses églises de cette ville espagnole. Ses œuvres n’en demeurent pas moins rares sur le marché de l’art.