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China, AD Ming dinasty or Qing dinasty

Seated Buddha pralambapadÔsana with peacoks in his hair

Golden bronze
12 x 8 cm - Height : 19 cm - weight 1 kg
Gupta style in old China
AD 18th century or before
Sold

Descriptif

Rare and stunning seated Buddha pralambapadâsana with peacoks in his hair. An antique golden bronze AD. 18th century or before.
Complete english translation on request.
 
Influence notable de l’art du Gandhâra à l'âge d'or de la dynastie Gupta (Inde, Dynastie Gupta, IVe-VIes).
Provenance probable, Chine ancienne impériale (Dynastie Qing, ou Ming si antérieure).

Observons que l’Inde bouddhique a influencé la production artistique chinoise avant la proscription de 845.
Cette interpénétration entre art indien et chinois insuffla « un sens nouveau du volume et du modelé » -bibliographie, Musée Guimet, les trésors du Dunhuang - ; et marquait alors en Chine sous la Dynastie Tang (618 à 907), la volonté d’un retour aux sources de l’enseignement bouddhique. De nombreux moines chinois partirent en pèlerinage en Inde, notamment au Bengale.
 
Le superbe bronze doré que nous vous présentons témoigne rétrospectivement de cette influence.
 
La facture de la statue, le travail de ciselure, la qualité du bronze, sa dorure probablement au mercure et patine attestent une datation circa XVIIIe, voire antérieure.

La dorure s’est émoussée par endroits mais la statue demeure dans un état de conservation remarquable.
 
Cette statue en bronze doré, aussi belle qu’intrigante, semble à la confluence de plusieurs représentations esthétiques de l’art bouddhique.
 
Tout d’abord sa posture.
Le trône sur lequel Bouddha est assis répond à la Tradition ; le socle figure une fleur de lotus, symbole de l’éveil, métaphorisée par ses pétales. Le socle lotiforme, ici très simple, se discerne au verso, l’habit monastique, à l’inverse richement décoré qui pare le Bouddha, le recouvrant sur sa face.
C’est l’européanité de sa posture assise qui étonne.
 
Nous savons que l'iconographie du Bouddha généralement suivie (quel que soit le bassin artistique et théologique) le montre le plus souvent dans la posture du lotus, parfois debout ou encore couché. Or, il est représenté ici dans la posture beaucoup plus rare du Bouddha assis à l’européenne nommée en sanscrit pralambapadâsana (c’est par exemple la posture du Bouddha de Wat Pa Lelai, à Suphan Buri en Thaïlande).
 
Cette posture a cependant fait sa première apparition au IIIe siècle de notre ère en Inde, bassin des Gupta, ce qui corrobore la thèse d’une influence artistique Gupta assumée des siècles après la disparition de cette dynastie, qui régna sur une grande partie du territoire indien du IV° au VI° siècle, et à laquelle nous devons les représentations de bouddhas dites « classiques » parmi les plus abouties de l’esthétique bouddhique.
 
Les traits de ce Bouddha au visage tout à la fois plein et harmonieux, la bouche ourlée très légèrement lippue, les yeux à l’ovale délicat, sont en effet caractéristiques de Bouddha dans sa représentation Gupta ; tandis que la coiffe en chignon, si elle répond également à cette esthétique, est en outre l’attribut des dignitaires de la Chine impériale (coiffe de l’Empereur, des dignitaires, nobles guerriers). Notons que la chevelure est lisse et non bouclée, ce qui exclut certains bassins iconographiques.
 
L’art Gupta connut un rayonnement qui dépassa l'Inde pour toucher les régions asiatiques gagnées par l'influence indienne.
Le style « classique » qu’ils surent imposer perdura longtemps après la disparition des Gupta, essaimant dans d’autres pays bouddhiques ; outre la Chine, précédemment évoquée, ce fut le cas du style Baraboudour à Java au VIII° s.
 
Autre particularité et différenciation des normes représentatives que l’on constate ici, la gestuelle Abhayamudra est inversée.
C’est la main gauche qui se lève dans un geste de protection et non la main droite.
 
Signalons une autre originalité, l’attribut que tient le Bouddha, qui consiste ici dans la figuration de l’œil de la conscience (symbole que l’on retrouve notamment au Népal) gravé sur l’objet que tient Bouddha dans sa main droite tandis que la main gauche est levée.
 
La signification des trois paons qui surmontent la coiffe du bouddha résiste tout autant à une interprétation normative univoque.
 
Les trois paons  pourraient se référer aux trois corps du Bouddha ; soit le trikāya en sanscrit qui englobe dans le mahāyāna et le vajrayāna les trois états de l’éveil.
 
Dans le canon pāli sont ainsi distingués:
 
son corps formel (le corps historique de Gautama), le pāli caturmahābhūtikāya).
Son corps mental ((pāli manomayakāya) par le biais Gautama accédait aux royaux divins
Et enfin, le corps de la doctrine (pāli dhammakāya), soit l’ensemble des enseignements qui demeurent après lsa mort.
 
Dans le Mahāyāna :

  • Le dharmakāya, corps de dharma, de réalité absolue.
  • Le sambhogakāya, corps de jouissance ou de félicité : c'est le premier des corps formels, enseignant aux bodhisattvas et les amenant à l’achèvement de leur bouddhéité
  • Le nirmānakāya, corps d'émanation ou d'apparition, incarnation se manifestant dans les différents domaines du saṃsāra par compassion pour les êtres animés.

 
Le symbole du paon associé au Bouddha est plus simple à éclairer. Dans la tradition, c’est l’animal d’Amitabha, l’un des cinq Jinâs "vainqueurs des illusions", qui émanent et représentent le Bouddha primordial. Amitabha incarne l’amour et l’éveil de Gautama Bouddha. Il se dénomme Amitofo en Chines et Amida au Japon.
C’est l’un des Bouddha les plus importants du Mahāyāna.
 
Le paon en Asie est particulièrement présent dans le bestiaire cosmogonique, et tout particulièrement en Chine.
 
Suivant la tradition bouddhique, Bouddha était né paon dans l’une de ses vies antérieures. Un état de la vie de Bouddha que rappelle le trône du Bouddha de la méditation Amitabha.
 
En Chine, le paon revêt, outre ses sèmes traditionnels, une signification symbolique de prospérité et  de paix. Ainsi, l’animal est-il célébré pour le nouvel an chinois par les habitants de Lanzhou, capitale du Gansu, en Chine centrale, qui, pour attirer sur eux la bienveillance de l’oiseau bleu érigent la sculpture d'un paon déployant sa queue en éventail.
 
En Inde et au Viêtnam mais également dans plusieurs pays asiatiques, la danse du paon symbolise la fertilité à l'approche de la mousson.
 
En Inde, c’est l'oiseau emblématique du pouvoir : l'aigrette et les plumes de l'animal figuraient parfois dans les parures vestimentaires des maharajas.
 
Et de fait, l’oiseau au plumage solaire connota la dignité pour une grande partie de l'Asie.
 
Très respecté en Chine impériale pour cette raison même mais également pour sa beauté, les plumes de sa queue étaient utilisées pour désigner un grade officiel dans l'administration de l'empire. Selon le grade conféré, le dignitaire recevait une plume à un, deux ou trois ocelles.
 
Nous n’avons trouvé aucune autre occurrence de représentation de Bouddha présentant une somme semblable de ces caractéristiques.
 
Un Bouddha tout à la fois unique et syncrétique définitivement aux confluences de la production bouddhique, de son imaginaire, de ses dogmes et de son esthétique.

Nota bene :
L’exposition La voie du Tao qui s'st déroulée au Grand Palais présentait une pièce Ming du XVe siècle « Bixia Yuanjung, la souveraine des nuages de l’Aurore » provenant des collections de The Art Institute of Chicago étonnamment proche du Bouddha aux paons disponible dans notre galerie.

Posture, robe, coiffe, - quoique simplifiée -, sont identiques. La représentation du visage en revanche diffère (le Bouddha aux paons emprunte ses traits à la finesse indo-grecque de l’art bouddhique du Gandhâra, les linéaments de Bixia Yuanjung n’en atteignent pas la grâce). Le mudra diverge et leur taille est également dissemblable ; Bixia Yuanjung dont le culte est apparu à l’époque Han avant d’être revivifié sous la dynastie Ming mesure 96,5 cm de haut. 

Bixia Yuanjung recevait le culte des femmes et plus particulièrement des femmes enceintes ou espérant le devenir. Sa coiffe est décrite comme composée de la triple occurrence d’un animal légendaire : le phénix dont le paon pourrait être le probant avatar terrestre.

Sous la dynastie Qing cette déité survit encore.

Le Bouddha aux paons témoignerait alors d’une interpolation entre Taoïsme, par le biais de cette Princesse taoïste, symbole de fertilité, et Bouddhisme ; le bouddhisme qui s’introduit en Chine au Ier siècle ap. JC).

Cependant à partir de la dynastie Song (10e siècle ap. JC) le syncrétisme s’accentue entre les trois religions ou courants spirituels que constituent le Taoïsme, le Confucianisme et le Bouddhisme.