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Abraham van Diepenbeeck (Bois-le-Duc 1596 – Anvers 1675), collaborateur de Rubens, Attribué à

Marie-Madeleine pénitente dans une perspective de ruines à l’antique

Huile sur panneau de chêne
Panneau seul : 38,5 x 31,5cm – Encadrée : 46 cm x 39,5cm
3 900 €

Descriptif

Huile sur panneau de chêne du XVIIe attribuée à l’artiste flamand Abraham van Diepenbeek, élève et collaborateur de Rubens. 

Cet élève de Rubens, dès 1623, appartint à son atelier et participa à l’exécution des cartons de la série de tapisseries de La glorification de l’Eucharistie, commande de l’Infante Isabelle.

Marie-Madeleine pénitente, dite également Marie-Madeleine en extase (confère tableau du Caravage), sainte populaire depuis le Moyen Age, est un sujet central de la Réforme catholique  - Contre-Réforme - particulièrement traité durant la première moitié du XVIIes.

L’hagiographie de cette sainte relate sa pénitence dans la grotte provençale de la Sainte-Baume dans le Var. Sainte, pénitente et ermite, elle y aurait séjourné jusqu’à sa mort 30 ans plus tard. 

Le site de la Sainte Baume, déjà spectaculaire, est ici conservé et rendu antiquisant (perspective de ruines à l’antique).

La sainte, en extase, est alanguie dans son mysticisme. Elle est figurée une main posée sur un crâne humain (anticipation de son statut de martyre, renvoyant au genre moral, religieux et formateur de la vanité – memento mori -  autant qu’au destin de la sainte) ; l’autre main sur son sein, le peintre accentuant la dimension licencieuse de la représentation de son extase.

A l’arrière-plan, dans l’ombre, la figuration du christ (crucifix) ; ainsi que le vase à parfum, attribut spécifique de Marie-Madeleine, discrètement posé près de la sainte, présent au sépulcre, qui lui servit à oindre les pieds de Jésus dans la maison de Simon.

La sainte conserve des attributs très féminins, tant dans sa vêture que dans sa longue chevelure, rappelant son statut d’ancienne courtisane.

Son type de beauté, ses linéaments, jusqu’à l’éclat de sa peau et l’aspect doré de sa chevelure, ne sont pas sans rappeler les beautés de Rubens, et notamment la « Madeleine pénitente et sa sœur Marthe », tableau peint vers 1620, conservé au Kunsthistoriches Museum de Vienne -  une œuvre similaire également retrouvée en 2012 au musée d’Irbit dans l’Oural. L’œuvre avait appartenu au Musée de l’Ermitage avant son don à ce musée moins prestigieux.

Abraham van Diepenbeeck se spécialisa dans les sujets religieux et mystiques ; on retrouve à la fois ses thèmes et sa touche vaporeuse ; élève de Rubens mais également collaborateur du maître,  Diepenbeeck a pu être influencé par la grâce des figures féminines de Rubens auquel il rendrait un hommage discret au sein de cette œuvre religieuse.

Licence poétique ou évocation du "Christ jardinier" et du Noli me tangere, Jean (20, 14-18) et Marc (16,19) (-ou l'apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine le prenant d'abord pour un jardinier)-, la présence étonnamment matérialiste d’un chou et de carottes – aux connotations symboliques – gisant aux pieds de la sainte, figurant la frugalité de son existence mais aussi citation au genre artistique de la vanité ; vanitas représentant la vie éphémère à travers la peinture de fruits et légumes artificiellement et magiquement conservés par le pouvoir démiurgique du peintre. Cette référence implicite à l'épisode biblique du Noli me tangere renforce la valeur initiatique de cette apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine et détermine ultérieurement sa retraite mystique, son martyre délibéré.

Une interprétation originale, vivante et enlevée d’un sujet religieux majeur de la première moitié du XVIIes.

La perspective religieuse qui excède et exhausse le cadre austère de la grotte ajoute encore à l’impression de liberté de ce peintre hollandais du XVIIEs.

Une inscription manuscrite, difficile à déchiffrer, figure au verso du panneau de chêne, pouvant renvoyer à un ancien possesseur de cette œuvre, « …Antonio Ribeiro dos Santos ? ». Il pourrait s’agir du premier directeur de la bibliothèque nationale du Portugal.